AHAPPY : Se focaliser sur les jeunes adolescents


20-10-2011

Les jeunes constituent la ligne de front principale dans la lutte contre la propagation du VIH/Sida et l’atteinte des objectifs de l’élimination de l’épidémie d’ici 2030. C’est dans cet ordre que le Réseau Africain des Jésuites pour la lutte contre le VIH/SIDA (AJAN en sigle) dont parlons sida est membre, a mis en place depuis déjà 2011, le Programme AHAPPY (Ajan HIV and AIDS Prévention Program for the Youth) pour focaliser notre attention sur la vulnérabilité des jeunes adolescents et les impliquer dans des programmes qui les rendent capables de faire face à la menace du VIH. Avec AHAPPY, ils ont l’espace pour se faire entendre. Ils ont besoin d’être accompagnés dans leur croissance. Voici quelques-uns de leurs témoignages :

  • Sarah: Je suis très contente d’entendre que tout être humain est une créature bien aimée de Dieu. Car la femme de mon Père me dit souvent que je suis la source de la malédiction dans la maison, par le fait d’être née en dehors du mariage. Et je vis sous la malédiction parce que je suis la fille du deuxième bureau. Pour cela, Dieu ne peut exaucer ma prière. Est-ce vrai ?
  • Mervedie : Je suis âgée de 19 ans. Je n’ai pas encore eu des  rapports  sexuels depuis la naissance,  mais je souffre de brulures au niveau de mon  organe génital. Je suis allée deux fois à l’hôpital. Après les examens, le Médecin n’a pas trouvé une infection ou une autre maladie. Seulement, il m’a recommandée de faire le bain intime  avec de l’eau propre et de changer  régulièrement les sous- vêtements.  Je l’ai fait mais sans succès.  Mes amis disent que pour avoir une solution à ce  problème, il faut des rapports sexuels.  Est-ce vrai ?
  • Pazo : Je suis âgé de 20 ans. Mon pénis n’entre plus en érection depuis quelque temps sauf si je veux uriner. Pendant que je n’ai pas encore eu des rapports  sexuels.  Je n’ai pas aussi d’argent pour aller à l’hôpital, parce que  mes parents ne sont pas ici sur place et je ne vis qu’avec ma grand-mère. J’aimerai   savoir si l’impuissance sexuelle est  naturelle. 
  • Son-Re : Je suis content des images projetées en rapport avec les IST. C’est vraiment interpellant parce qu’une image vaut mille mots. Je ne savais pas si les IST détruisent de cette façon.  Nous allons vraiment bien nous efforcer pour nous protéger  pendant ces grandes vacances afin d’éviter des ennuis dans notre groupe.
  • Joël (16 ans): En regardant ce film (Epidémie de l’ombre), je crains que cette situation ne m’arrive un jour. C’est pourquoi je prends la décision de ne pas faire le rapport sexuel avant l’obtention de mon diplôme de Licence.
  • Iris : Je ne suis pas toujours d’accord avec ma maman ; au lieu de m’encourager à étudier, à finir les études, à travailler et à fonder ma propre famille, elle passe tout le temps à nous montrer comment servir le mari. Comme si, une fille ne peut pas vivre seule, sans être mariée. Je pense que c’est ce qui a fait que mes deux grandes-sœurs aillent trop vite au mariage. Et si j’ai posé beaucoup de questions, c’est pour avoir plus des arguments pour discuter avec ma mère. Je remercie très sincèrement l’organisation de cette Conférence-débat qui a renforcé mes capacités sur les positions que je prenais déjà pour ma santé et ma vie.
  • Nathan : L’activité de cet après-midi m’a aidé à hiérarchiser les besoins. Je pense qu’il est important de me concentrer sur les études pour ne pas tomber dans le village de si je savais. 
  • Philo : J’ai été déflorée par un garçon, non pas surtout parce que je l’aimais, mais pour payer mes études. Mes parents ne sont pas sur place à Kisangani, et c’est la raison pour laquelle je vis difficilement. Ce garçon m’a promis le mariage, et je pensais qu’il m’aidait comme sa future femme. Hors, c’était une illusion. A l’approche des examens, il savait très bien que je lui demanderais de l’argent ; et sa décision était que si je ne cède pas, je n’aurai pas ce que je demande. Alors j’ai vite compris que les garçons sont très malins; ils savent comment nous compliquer la vie.
  • Nadia : En regardant ces images (Sur les IST et leurs ravages), j’ai peur. Qu’est-ce qui fait que les organes génitaux arrivent à ce niveau ? Est-ce qu’il faut aimer ? Moi je trouve que rester sans mari est une solution pour m’épargner de ces situations monstrueuses.

Comment répondre à ces questions et interrogations des jeunes ? La mise en œuvre d’AHAPPY à Parlons sida Kisangani nous fait découvrir une réalité cruciale. Les Parents, les Educateurs, les autorités politiques, adultes s’évadent des questions et des problèmes des jeunes parce que probablement ils ne savent pas eux-mêmes comment s’y prendre.

Avec AHAPPY, les jeunes adolescents les invitent à les rejoindre parce qu’ils sont la génération future « maintenant »… et non « plus tard » !

We are AHAPPY GENERATION…. We are the NEXT GENERATION, NOW !

Equipe AHAPPY

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