La visite du P. Paterne MOMBE et témoignages des PVVIH


03-09-2011

Dans le cadre de la visite à Kisangani du Père Paterne MOMBE, s.j, Directeur d’AJAN (Réseau Jésuite de lutte contre le SIDA), celui-ci a eu un entretien avec les PVVIH bénéficiaires de PARLONS SIDA le lundi 12 septembre 2011. Le bureau de PARLONS SIDA a servi de cadre à cette rencontre historique qui a réuni  53 personnes, dont 2 hommes, 6 enfants et 42 femmes PVVIH, ainsi que 3 collaborateurs/volontaires de PARLONS SIDA.

Tout a commencé sous le coup de 9h45’ avec une eucharistie présidée par le P. Ndol, s.j. et concélébrée par le P. Paterne, s.j, à l’intention des bénéficiaires et collaborateurs de PARLONS  SIDA. Dans son homélie, P. Ndol a insisté sur le sens du pardon : « si on ne pardonne pas à son frère de tout son cœur, on ne sera pas soi-même pardonné de ses fautes. En tant qu’humains, il a souligné d’une part que nous ne pouvons pas oublier l’offense, elle nous revient à la mémoire et parfois nous hante mais le Seigneur nous invite à lutter contre la colère, la rancune et la vengeance pour mettre en nos cœurs des sentiments d’amour. D’autre part, nous ne pouvons oublier l’offenseur mais le Seigneur nous invite à lui pardonner, c.-à-d. à vouloir intensément que l’amour de Dieu habite à nouveau en son cœur. Immédiatement après la messe, les PVVIH ont échangé avec le Père sur différents points relatifs à la prise en charge dont elles bénéficient de la part de PARLONS SIDA.

Ce que l’on doit retenir de cet entretien est que toutes les 6 personnes qui ont parlé au nom des autres bénéficiaires ont remercié les Jésuites pour leur appui holistique aux PVVIH à travers PARLONS SIDA. Elles ont aussi évoqué les difficultés qu’elles rencontrent actuellement: la rareté des ARV et d’autres produits contre les infections opportunistes, le manque de nourriture, le rejet par la famille et bien d’autres encore. Elles ont enfin sollicité l’intervention du P. Paterne pour que les hommes et femmes de bonne volonté appuient PARLONS SIDA afin que ce-dernier vienne aussi en aide aux malades.

  1. Madame An.G : Père, merci pour votre présence parmi nous ! Merci aux Jésuites pour leur appui aux personnes vivant avec le VIH que nous sommes ! Vous nous donnez les médicaments, la nourriture ; vous subvenez à plusieurs de nos besoins malgré la conjoncture actuelle, et nous vous en sommes très reconnaissants. Nous n’avons rien à vous offrir, si ce ne sont que nos remerciements. Nos prières vous accompagnent  partout et que Dieu vous comble de ses bénédictions afin que vous travailliez davantage pour nous !
  2. Madame Ma. M : Merci aux Jésuites pour la scolarisation de nos enfants. depuis le décès de mon mari, PARLONS SIDA ne cesse de m’accompagner sur le plan psychosocial et médical ; il assure la scolarisation de mes 4 enfants depuis 2005. Parmi eux, 2 ont déjà obtenu le diplôme d’Etat et sont actuellement à l’Université, 2 autres sont encore à l’école secondaire. Ma dernière fille est séropositive et encadrée toujours par PARLONS SIDA. Ma famille m’a abandonnée lorsqu’elle a été au courant de mon statut sérologique, et il a fallu l’accompagnement de PARLONS SIDA pour que je reprenne l’équilibre. Avec les autres PVVIH, les médicaments que nous consommons nous poussent à beaucoup manger, mais nous n’avons pas assez de nourriture ! Les ARV se font de plus en plus rares ainsi que les médicaments contre les infections opportunistes, à l’instar du cotrimoxazole. De fois, on nous donne les ARV périmés, comme ce fut au mois d’août dernier ! vraiment Père, nous avons besoin de votre appui !
  3. Madame Eu. F : Père, merci d’être venu ! Depuis son implantation à Kisangani en 2002, PARLONS SIDA ne cesse de nous appuyer, nous PVVIH et nos enfants restés orphelins ! Avec la fermeture du centre de traitement ambulatoire de la GTZ/Santé (CTA) où nos soins étaient gratuits, c’est PARLONS SIDA qui supporte maintenant toute la charge. Au laboratoire du PNLS (Programme National de Lutte contre le SIDA), le dosage du CD4 est conditionné au paiement de 5 dollars américains et PARLONS SIDA supporte tous ces frais pour nous ! Les autres PVVIH non bénéficiaires de PARLONS SIDA ne peuvent même pas doser leur CD4 par manque d’argent et prennent les médicaments à l’aveuglette pendant une longe durée !  Pour ne pas totalement dépendre de PARLONS SIDA, nous avons besoin d’une unité de production pour notre auto-prise en charge.
  4. Monsieur Lu. K : Merci aux Jésuites pour leur réponse à nos préoccupations, à nos besoins. PARLONS SIDA assurait toujours notre transport pour aller au centre de traitement ambulatoire et présentement, cette assistance a diminué. Chaque fois que j’ai faim, je viens déranger le Père Ndol ; s’il a l’argent, il me donne et s’il n’en a pas, il me le dit aussi franchement. Mon souci est que PARLONS SIDA continue à nous assister.
  5. Madame Ch. M : Nous remercions Dieu pour votre présence parmi nous à Kisangani. Nous sommes reconnaissants de tout ce que PARLONS SIDA fait pour nous. Il y avait un lien qui unissait le CTA, PARLONS SIDA et les PVVIH. Le CTA a fermé ses portes et nous craignons qu’il en soit de même pour PARLONS SIDA, ce qui entrainerait notre mort brusque ! Père, menez un grand plaidoyer auprès des bienfaiteurs pour appuyer suffisamment PARLONS SIDA !
  6. Mademoiselle Tn : Je remercie les Prêtres Jésuites pour leur soutien, sans lequel ma sœur cadette Naomie serait déjà morte. Nous ne sommes qu’à deux, elle et moi ; notre maman est décédée du VIH et l’a laissé à l’âge de 6 ans, elle aussi PVVIH. Toute la famille nous a abandonné et nous menons une vie difficile. Grâce à PARLONS SIDA, Naomie reçoit les médicaments, la nourriture et est scolarisée. Nous sommes tout le temps réconfortées avec la visite des collaborateurs de PARLONS SIDA chez nous. Encore une fois merci !

Quant au Père MOMBE, il a remercié tous les participants pour l’esprit de partage qui règne à PARLONS SIDA, mais surtout pour la reconnaissance à tout ce que font les Jésuites pour les personnes nécessiteuses que sont les PVVIH et les OEV, laquelle reconnaissance sera transmise aux donateurs.

Il a continué en disant que sa présence à Kisangani constitue une grande école car il vient de découvrir :

  • Son rôle de Directeur d’AJAN, celui de mener le plaidoyer en faveur des vulnérables ;
  • Le travail de PARLONS SIDA sur terrain ;
  • La nature des besoins auxquels sont confrontés PARLONS SIDA, les bénéficiaires ainsi que les autres structures engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA à Kisangani en particulier et dans la Province Orientale en général.

Il a renchéri en disant qu’AJAN développe déjà un cadre de collaboration avec les autres structures jésuites de lutte à travers les échanges d’expérience, la création d’un site web, la recherche des fonds…  Il a fini son speech en ces termes : « J’ai accueilli à cœur ouvert tout ce que vous avez dit ; je suis engagé à travailler pour vous ; je reviendrai vers vous ! »

Le mardi 13 septembre dans la matinée, le Père Paterne s’est aussi entretenu brièvement avec les volontaires et le Directeur de PARLONS SIDA où certains points ont été évoqués entre autre

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